Pénurie de talents data ou cybersécurité : deux marchés sous tension
Des besoins qui dépassent les seuls secteurs technologiques
En 2026, la Pénurie de talents touche autant les organisations qui protègent leurs systèmes que celles qui cherchent à mieux exploiter leurs données. Banques, commerces, industriels et services publics recrutent désormais des profils numériques pour des projets devenus essentiels à leur activité.
La comparaison des marchés révèle toutefois deux urgences distinctes. Les Métiers de la data servent à transformer l’information en décisions ou en produits ; la Cybersécurité vise à prévenir les attaques, limiter leurs effets et préserver la confiance des clients.
Une concurrence élargie pour les mêmes compétences numériques
Cette tension ne concerne plus seulement les entreprises technologiques. Une société industrielle peut chercher des spécialistes de l’analyse prédictive pendant qu’une banque recrute des experts capables de sécuriser ses applications et ses infrastructures cloud.
Pour une entreprise fictive de distribution, le problème devient concret lorsqu’un projet de prévision des stocks attend un profil data, tandis qu’une mise à niveau de sécurité nécessite des compétences difficiles à trouver. La rareté porte autant sur les candidats que sur leur expérience pratique.
À retenir :
- Des besoins data liés à l’exploitation stratégique des informations
- Des besoins cyber liés à la réduction des risques opérationnels
- Des compétences numériques recherchées dans tous les secteurs
- Une concurrence accrue entre employeurs de secteurs différents
Comparaison des marchés : mesurer les écarts sans confondre les besoins
La cybersécurité, un déficit d’effectifs et de compétences
Les chiffres disponibles montrent l’ampleur des difficultés cyber, sans décrire à eux seuls chaque marché national. Selon ISC2, la main-d’œuvre mondiale en cybersécurité comptait environ 5,5 millions de professionnels en 2024, alors que le besoin non couvert était estimé à 4,8 millions de personnes supplémentaires.
Dans la même enquête, 67 % des répondants signalaient un manque d’effectifs et 90 % au moins une lacune de compétences dans leur équipe. Selon ISC2, 59 % estimaient que ces lacunes affectaient sérieusement la capacité de leur organisation à assurer sa sécurité.
| Indicateur | Cybersécurité | Data et IA |
|---|---|---|
| Repère disponible | Environ 5,5 millions de professionnels dans le monde en 2024 | Environ 0,34 % de l’emploi dans les pays étudiés par l’OCDE |
| Besoin non couvert | Environ 4,8 millions de personnes supplémentaires selon ISC2 | Pas de volume mondial comparable fourni ici |
| Signal de tension | 67 % des répondants ISC2 signalent un manque d’effectifs | La demande d’offres liées à l’IA progresse dans plusieurs pays |
| Enjeu principal | Surveillance, prévention et réponse aux incidents | Collecte, traitement et valorisation des données |
Ces indicateurs ne sont pas directement équivalents : ils proviennent de mesures et de périmètres différents. Ils éclairent néanmoins une différence importante, car le déficit cyber est documenté en effectifs et en lacunes, tandis que les métiers data recouvrent des spécialités très diverses.
Les métiers de la data, une famille de spécialisations
Les Data scientists ne représentent qu’une partie des profils recherchés. Les équipes peuvent aussi avoir besoin d’ingénieurs data, d’architectes, de spécialistes de la qualité des données ou de professionnels capables de relier l’analyse aux décisions métier.
Selon le Stanford AI Index 2025, les offres d’emploi américaines mentionnant des compétences en IA sont passées de 1,4 % en 2023 à 1,8 % en 2024 ; la France atteignait 1,10 % en 2024. Ces chiffres concernent l’IA, et non l’ensemble du marché de la data.
Pour comparer correctement les marchés, une entreprise doit donc préciser le travail attendu : protéger des systèmes, construire des pipelines de données, entraîner des modèles ou interpréter leurs résultats. Cette précision oriente ensuite le recrutement spécialisé.
Repères chiffrés des marchés :
- Cybersécurité : effectifs et lacunes suivis par ISC2
- Data et IA : demande liée à des métiers et usages variés
- Offres américaines mentionnant l’IA : 1,8 % en 2024
- Offres françaises mentionnant l’IA : 1,10 % en 2024
Pourquoi les experts en cybersécurité et les profils data restent rares
Des compétences techniques qui évoluent rapidement
La tension sur l’emploi s’explique en partie par la vitesse de transformation des outils et des responsabilités. En cybersécurité, les équipes doivent surveiller les environnements cloud, détecter des comportements suspects et coordonner les réponses aux incidents ; en data, elles doivent maîtriser les flux, la qualité et l’analyse des informations.
Selon l’OCDE, les compétences liées à l’intelligence artificielle restent une part limitée de l’emploi dans les pays étudiés, autour de 0,34 % en moyenne. Ce repère souligne la taille restreinte du vivier spécialisé, mais ne mesure pas tous les métiers de la donnée.
Une expertise métier aussi importante que la technique
Un analyste de sécurité doit transmettre clairement le niveau de risque aux équipes dirigeantes ; un spécialiste data doit expliquer les limites d’une analyse aux responsables opérationnels. Dans les deux cas, la maîtrise technique ne suffit pas si les résultats restent incompris ou inutilisables.
Les employeurs ont donc intérêt à évaluer les compétences démontrées plutôt qu’à rechercher une longue liste de technologies sur un CV. Un exercice pratique, comme analyser un incident simulé ou vérifier la cohérence d’un jeu de données, permet de mieux apprécier la capacité d’action.
Compétences à évaluer au recrutement :
- Maîtrise technique adaptée aux missions réellement confiées
- Compréhension des risques et des contraintes métier
- Capacité à communiquer avec des équipes non spécialistes
- Habitude d’apprendre dans un environnement qui change
Recrutement spécialisé : adapter l’approche à chaque marché
Attirer et fidéliser les experts en cybersécurité
Les Experts en cybersécurité peuvent hésiter devant des postes où les responsabilités sont lourdes, les priorités changeantes et la réussite peu visible lorsqu’aucun incident ne survient. Pour renforcer l’Attractivité des métiers, les entreprises peuvent expliciter les moyens disponibles, les responsabilités et les possibilités de formation.
La fidélisation compte autant que l’embauche : une équipe constamment surchargée risque de perdre des compétences et d’accroître la pression sur les collègues restants. Des parcours d’évolution, une répartition claire des astreintes et du temps consacré à l’apprentissage rendent les postes plus soutenables.
Construire un vivier data plutôt que chercher le profil parfait
Pour les métiers data, les critères doivent correspondre aux usages prévus. Une équipe qui veut améliorer ses prévisions n’a pas nécessairement besoin d’un chercheur en apprentissage automatique ; elle peut d’abord rechercher une personne capable de fiabiliser les données et de collaborer avec les équipes métier.
Le développement interne complète le recrutement : former des salariés aux bases de l’analyse, créer des binômes entre spécialistes et opérationnels, puis proposer des parcours de progression. Cette démarche élargit le vivier et réduit la dépendance à quelques profils rares.
Le choix dépend enfin de la priorité de l’organisation. Une entreprise exposée à des incidents doit renforcer rapidement la prévention et la réponse ; une organisation qui peine à exploiter ses données doit clarifier ses cas d’usage avant d’embaucher.
Leviers pour élargir les viviers :
- Évaluation pratique des compétences plutôt que filtrage par intitulé
- Formation continue adaptée aux risques et aux projets
- Parcours d’évolution visibles pour retenir les spécialistes
- Coopération entre équipes techniques et métiers
Sources : ISC2, étude sur la main-d’œuvre en cybersécurité, 2024 ; Stanford Institute for Human-Centered AI, AI Index 2025 ; OCDE, travaux sur les compétences liées à l’intelligence artificielle.
Choisir sa formation informatique comme un projet, pas un réflexe
Qu'il s'agisse d'un diplôme classique, d'une certification professionnelle ou d'un bootcamp intensif, chaque parcours mérite d'être anticipé. Comprendre ses propres contraintes — niveau de départ, temps disponible, objectif professionnel — permet d'en tirer aussi des bénéfices concrets : montée en compétences réelle, insertion professionnelle et évolution de carrière durable.
Pour aller plus loin
- Vérifier l'adéquation entre le format de formation et votre rythme de vie
- Comparer les certifications reconnues dans votre domaine cible
- Vous renseigner sur les dispositifs de financement disponibles (CPF, France Travail...)
- Échanger avec d'anciens élèves ou diplômés avant de vous engager